5.000 emplois menacés dans le recyclage textile submergé par Shein et Temu

upday.com 2 godzin temu
Un employé du Relais collecte des vętements dans les conteneurs de recyclage textile (Image symbolique) (Photo by HENRIQUE CAMPOS/Hans Lucas/AFP via Getty Images) Getty Images

Le secteur français de la collecte textile traverse une crise depuis 18 mois. Le gouvernement pousse une réforme d'urgence et vise à finaliser un nouveau cadre pour la filière à responsabilité élargie du producteur (REP) d'ici fin mars, a annoncé le ministre délégué à la Transition écologique Mathieu Lefèvre vendredi dernier. Mais le nouveau modèle ne sera pas opérationnel avant 2027.

La filière est «à bout de souffle» et «s'effondre progressivement», a déclaré à l'AFP Maud Hardy, directrice générale de Refashion, l'éco-organisme chargé d'accompagner l'industrie de la mode vers une économie circulaire. La cause: une submersion massive par l'ultra fast-fashion de plateformes comme Shein et Temu, qui inondent le marché de vętements bon marché et de faible qualité.

Les marchés d'exportation, notamment en Afrique où le système français expédie plus de 60% des textiles collectés, sont saturés. Les prix se sont effondrés. Les vętements importés finissent souvent dans des décharges ou des cours d'eau, créant des problèmes environnementaux majeurs. «On ne peut pas continuer à envoyer nos déchets à l'autre bout du monde», a souligné Maud Hardy.

Les acteurs traditionnels au bord de la rupture

Les opérateurs historiques comme Le Relais, Emmaüs et la Croix-Rouge sont en grande difficulté financière. «On tient la filière à bout de bras, nous ne tiendrons pas six mois s'il n'y a pas de décision», a averti Pierre Duponchel, fondateur du Relais. Emmanuel Pilloy, président du Relais France, a expliqué lors d'une visite au centre de tri de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) où 350 salariés en insertion trient quotidiennement 70 tonnes de textiles: «On a de plus en plus de vętements de moindre qualité qui nous coûtent de l'argent.»

Le financement actuel est jugé insuffisant. «Sur quatre centimes prélevés» par pièce, «un centime nous est reversé, on a besoin de plus», a déclaré Emmanuel Pilloy. Thomas Ladreyt d'Emmaüs France a évoqué «plus de 5.000 emplois menacés» et réclamé un soutien de 304 euros par tonne. L'été dernier, Refashion a déjà augmenté la revalorisation de 156 à 223 euros par tonne.

Le plan de réforme gouvernemental

Mathieu Lefèvre a présenté un scénario de «désenvasement» lors de la réunion de vendredi. Le gouvernement a demandé à Refashion de proposer des moyens pour faire «payer davantage» l'ultra fast-fashion. L'Agence de la transition écologique (Ademe) doit quantifier sous un mois les soutiens nécessaires aux opérateurs.

La vision à long terme prévoit d'accélérer une filière industrielle de recyclage textile, en privilégiant d'abord la réutilisation puis le recyclage. Le scénario envisage des pénalités pour les produits en polyester ou multi-matériaux, des primes pour l'incorporation de matières recyclées et une traçabilité intégrale.

Benoît Hamon, président de l'association ESS, a dénoncé «une forme de submersion de textiles» qui «ne permet plus aux acteurs de l'économie sociale et solidaire de faire correctement leur métier». Il a exigé de «mettre l'argent sur la table». Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, a posé une «ligne rouge»: «Nous ne voulons pas de discrimination entre opérateurs et metteurs en marché. Il y a de la place pour tout le monde.»

Actuellement, seuls 30% des vętements sont collectés en France. L'objectif pour 2028 est de 60%. En 2024, 891.309 tonnes de nouveaux produits textiles et chaussures ont été mis sur le marché, contre 289.393 tonnes de produits usagés collectés.

Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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