Les syndicats de médecins libéraux ont rejeté vendredi soir la proposition de rencontre de la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Dans une lettre commune, l'intersyndicale en grève du 5 au 15 janvier a expliqué que cette réunion ne serait «pas de nature à modifier le cours des lois votées ou des projets de loi en attente de vote». Le refus intervient à la veille d'une manifestation prévue samedi à Paris et alors que la mobilisation s'intensifie dans les hôpitaux.
Dans leur lettre à la ministre diffusée vendredi soir, les syndicats se montrent cinglants. Ils reprochent au ministère de connaître «depuis longtemps les points bloquants dont vous n'avez pas pu ou su ou voulu empęcher le vote». L'intersyndicale a «décidé de ne pas se rendre» à la rencontre proposée et annonce poursuivre «leurs travaux en vue de convaincre les parlementaires, les ministres et surtout les patients de la mauvaise direction impulsée au système de soins, et des moyens de la redresser».
Jérôme Marty, président de l'UFML, l'un des six syndicats représentatifs, réclame une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. «Au regard de la mobilisation historique de l'ensemble», des organisations médicales, «la moindre des choses serait que le Premier ministre parle», a-t-il déclaré à l'AFP.
Impact croissant de la grève
La mobilisation pèse de plus en plus lourdement sur les services d'urgence hospitaliers, déjà sous pression à cause du pic de l'épidémie de grippe et de l'augmentation des chutes liées aux récentes conditions neigeuses et verglaçantes. Dès mardi, l'activité avait baissé de 19% chez les médecins généralistes libéraux et de 12% chez les spécialistes.
De nombreuses fermetures de blocs opératoires en cliniques privées sont prévues lundi, mardi et mercredi. Environ 2.000 médecins de bloc opératoire - anesthésistes, chirurgiens et obstétriciens - prévoient un exil symbolique et de courte durée à Bruxelles, prévu dimanche après la manifestation.
Les griefs des médecins
Les médecins dénoncent des «politiques qui les piétinent». Ils contestent notamment un budget de la Sécurité sociale jugé insuffisant, des restrictions sur les prescriptions d'arręts maladie et des mesures qui affaiblissent les négociations conventionnelles avec l'Assurance maladie. Le texte budgétaire finalement adopté par le Parlement prévoit que l'Assurance maladie puisse fixer unilatéralement les tarifs des actes médicaux dans certains cas.
Les syndicats redoutent également deux projets de loi actuellement examinés au Parlement, les propositions Garot et Mouillé. Ces textes visent à réduire la liberté d'installation des médecins pour les orienter vers les zones manquant de praticiens.
La ministre Rist avait exprimé vendredi son souhait de «recréer de la confiance» avec les médecins libéraux. Dans sa lettre d'invitation à l'intersyndicale transmise à l'AFP, elle promettait «des travaux pour reprendre et renforcer les discussions conventionnelles», sans préciser les points de négociation ouverts.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).



