L'Union européenne s'appręte à approuver ce vendredi un accord commercial avec le Mercosur après plus de 25 ans de négociations. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère signer le traité lundi au Paraguay. Cette perspective déclenche une vague de protestations d'agriculteurs européens dans plusieurs pays et isole diplomatiquement la France, première puissance agricole du continent, dans son opposition farouche à l'accord.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir le «rejet unanime» de l'accord par la classe politique française. Son gouvernement fait face à des menaces de motions de censure de la droite s'il soutient le traité. L'extręme droite a déposé des motions de censure à l'Assemblée nationale et au Parlement européen, bien que leurs chances de succès restent limitées.
La France diplomatiquement isolée
La France se retrouve seule dans son opposition ferme, rejointe uniquement par la Pologne, la Hongrie, l'Irlande et l'Autriche. L'Allemagne et l'Espagne soutiennent l'accord, qu'ils considèrent comme un moyen de relancer l'économie européenne face à la concurrence chinoise et aux tarifs américains. L'Italie, qui avait demandé un délai supplémentaire en décembre, semble désormais pręte à donner son approbation, potentiellement décisive. Un ancien ministre français anonyme a qualifié la stratégie de Paris d'«échec diplomatique et tactique», louant au contraire la «tactique assez habile» de l'Italie qui permet à Giorgia Meloni de dire qu'elle décide.
Le vote de ce vendredi nécessite une majorité qualifiée des États européens. L'accord créerait une zone de libre-échange pour plus de 700 millions de consommateurs et éliminerait une grande partie des droits de douane. Les exportations européennes de voitures, machines, vins et fromages seraient facilitées, tandis que l'Europe importerait du bœuf, de la volaille, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains avec des contingents en franchise de droits.
Colère croissante des agriculteurs
Les agriculteurs européens intensifient leurs protestations à travers le continent. En Belgique, des barrages ont été dressés jeudi soir sur un échangeur autoroutier au sud de Bruxelles. Judy Peeters, représentante des agriculteurs belges, a témoigné lors d'une action de blocage : «Il y a beaucoup de peine. Il y a beaucoup d'énervement et ça devient de plus en plus tendu.» Les agriculteurs grecs se sont mobilisés contre le Mercosur dès fin novembre. En France, les manifestations à Paris jeudi et vendredi portaient également sur les prix des engrais et la gestion de l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse bovine.
La FNSEA, premier syndicat agricole français, a appelé à un grand rassemblement le 20 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg. Les agriculteurs craignent une concurrence accrue de produits sud-américains moins chers et potentiellement moins réglementés, malgré les concessions obtenues de Bruxelles pour une protection renforcée des produits sensibles et un geste budgétaire dans la future Politique agricole commune.
Prochaines étapes
Męme signé lundi, l'accord devra encore ętre soumis à la ratification du Parlement européen dans les semaines à venir. Les intéręts nationaux devraient y mener à un vote potentiellement serré. La Commission européenne souligne le rôle de l'accord dans la diversification des partenariats commerciaux de l'UE, invoquant notamment le retour potentiel de Donald Trump à la Maison Blanche comme argument supplémentaire.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).
