Une opération d'abattage d'urgence est en cours dans la foręt des Landes pour éradiquer le nématode du pin, *Bursaphelenchus xylophilus*, que les autorités ont détecté pour la première fois en France cet automne à Seignosse. Les équipes doivent abattre tous les conifères contaminés dans une « zone infestée » de 500 mètres avant le 15 février pour empęcher la propagation du parasite avant le printemps. Ce vers translucide de moins d'un millimètre, classé « organisme de quarantaine prioritaire » par la législation européenne, représente une « menace sanitaire majeure » pour les conifères.
Le préfet de région Étienne Guyot a appelé « à la mobilisation et au sens des responsabilités ». Il a souligné l'urgence de l'opération : « Nous avons engagé une course contre-la-montre (...) et nous ne devons pas baisser la garde. »
Une opération massive
Dans la « zone infestée », 40 hectares de foręt doivent ętre abattus, soit 10 000 à 12 000 mètres cubes de bois, à 98 % des pins maritimes. L'opérateur Julien Queyron témoigne du rythme soutenu : « Hier, j'ai fait 381 arbres, soit 332 m3. » Les équipes doivent chauffer le bois abattu à 56 degrés minimum pendant 30 minutes ou le brûler pour le chauffage avant toute utilisation.
Au-delà, une « zone tampon » s'étend sur 20 kilomètres, couvrant 36 000 hectares de foręts publiques et privées, de parcs et de jardins. Les équipes doivent en retirer plus de 100 000 arbres morts avant le 31 mars. Stéphane Viéban, directeur général d'Alliance Foręts Bois, la plus grande coopérative du pays, qualifie cette tâche de « colossal ».
La menace du printemps
L'urgence s'explique par le cycle du parasite. Le *Monochamus galloprovincialis*, un petit coléoptère naturellement présent dans les foręts landaises, transporte le nématode. En hiver, le ver migre vers les nymphes du coléoptère. Au printemps, lorsque les insectes adultes émergent pour se nourrir de jeunes pousses de pins, les nématodes voyagent avec eux. Ils colonisent alors les arbres par milliers, bloquent la circulation de la sève et provoquent leur mort.
L'objectif est d'éradiquer le parasite avant que le vecteur « ne se réveille » au printemps, explique Stéphane Viéban.
Premiers résultats encourageants
La préfecture a confirmé jeudi que « les premiers résultats sont rassurants ». Les autorités n'ont signalé aucun nouveau cas dans un rayon de trois kilomètres autour du « patient zéro », le site initial de détection à Seignosse. Les équipes ont abattu et broyé les 17 arbres de la parcelle initialement infectée mi-décembre. Sur 880 échantillons prélevés dans et autour de la zone infestée, tous les échantillons étaient négatifs.
« C'est très bon signe », estime Stéphane Viéban. Mais la vigilance reste de mise face à un parasite qui a déjà fait des ravages en Europe.
L'ombre du précédent portugais
Le nématode est originaire d'Amérique du Nord, où il coexiste sans dommage avec les pins locaux. Il est apparu au Japon au début du XXe siècle, puis s'est propagé en Asie. En Europe, il a atteint le Portugal en 1999, entraînant l'abattage de quatre millions d'arbres, avant de gagner l'Espagne. Les sylviculteurs du sud-ouest de la France redoutaient depuis des années qu'il ne franchisse les Pyrénées.
Le secteur forestier avertit qu'une propagation généralisée serait une « catastrophe ». Une classification nationale en zone infestée entraînerait une dépréciation de 30 % des prix du bois et imposerait un traitement thermique coûteux pour tout bois abattu.
Un sacrifice difficile
Pierre Pecastaings, maire de Seignosse, constate que les habitants ressentent l'abattage d'arbres emblématiques du paysage comme un « préjudice moral, environnemental et patrimonial ». Le maire reconnaît la difficulté : « C'est lourd à encaisser męme si l'enjeu, l'existence du massif, nous dépasse. »
Les propriétaires concernés, une dizaine environ, doivent initialement assumer les coûts d'abattage et de transport avant remboursement par l'État. Deux d'entre eux ont contesté juridiquement l'opération en cours.
Le massif des Landes de Gascogne s'étend sur plus d'un million d'hectares dans les Landes, la Gironde et le Lot-et-Garonne.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).




