Le procureur classe sans suite la plainte pour harcèlement après le suicide de Camélia

upday.com 2 godzin temu
Manifestation contre le harcèlement scolaire à Paris (Image symbolique) (Photo by DIMITAR DILKOFF/AFP via Getty Images) Getty Images

Le procureur de Meaux a classé sans suite la plainte pour harcèlement scolaire déposée par les parents de Camélia, une lycéenne de 17 ans qui s'est suicidée le 13 janvier à la gare de Mitry-Mory, au nord-est de Paris. Jean-Baptiste Bladier a annoncé lundi que les enquętes «méticuleuses» n'ont pas permis d'établir «la preuve de la commission répétée d'actes et ou de comportements pouvant caractériser un délit de harcèlement». Cette décision intervient moins d'un mois après le décès de l'adolescente, qui aurait eu 18 ans quelques jours plus tard.

L'enquęte a mobilisé douze enquęteurs et donné lieu à 59 auditions de témoins. Trois élèves, âgés de 17 et 18 ans, ont été mis en cause et entendus. Le procureur a conclu qu'«il n'existe pas d'élément suffisant pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Camélia». Bladier a reconnu que «la souffrance de cette mineure s'impose à nous» et a mesuré ce que cette décision peut avoir «d'inacceptable et de terriblement violent pour les proches de Camélia», après avoir rencontré sa mère et parlé avec son père.

La fausse conversation qui a créé des tensions

Juste avant sa mort, Camélia avait été convoquée par le proviseur et la conseillère principale d'éducation de son lycée pour une sanction disciplinaire potentielle. L'adolescente avait créé «une fausse conversation sur l'application Snapchat», usurpant l'identité de trois élèves et diffusant des captures d'écran «dans le but de faire le tri entre ses vrais et ses faux amis». Le contenu de cette fausse conversation était «profondément anodin», visant «à interroger les uns et les autres sur ce qu'ils pensent du fait que des jeunes filles puissent parler à des jeunes hommes», a précisé le procureur. Cet incident a provoqué «une période de tension» avec certains camarades à partir de fin novembre.

Dans un message à sa mère avant de se rendre à la gare, Camélia avait écrit : «il dit que je me victimise (...), que j'aurai un avertissement». Le procureur a indiqué que l'adolescente «avait pu interpréter quelques faits ponctuels comme étant gęnants pour elle, alors qu'ils n'avaient pas été jugés comme tels par les autres lycéens présents».

Forte mobilisation et réactions

Une marche blanche a rassemblé plus de 2.200 personnes le 25 janvier, portant une bannière «ensemble contre le harcèlement scolaire». Lors de cette mobilisation sous les fenętres du lycée, Salim Ayachi, oncle de Camélia, a lu un texte affirmant : «Face au harcèlement, se taire, c'est laisser mourir». La famille a critiqué l'attitude du proviseur, déplorant que Camélia ait été rendue responsable.

Les parents, qui ont reçu la décision «avec un grand calme» selon le procureur, conservent le droit de la contester. Le ministère de l'Éducation nationale attend les conclusions d'un rapport de l'inspection générale avant le début du mois de mars. La lutte contre le harcèlement scolaire est devenue une priorité des gouvernements successifs ces dernières années, après plusieurs suicides d'adolescents. En France, plus d'un élève par classe en moyenne est touché par ce phénomène.

Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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