Macron veut interdire les portables au lycée malgré l'échec au collège

upday.com 10 godzin temu
Une élève range son téléphone portable dans son casier après l'avoir éteint dans un lycée français (Image symbolique) (Photo by LOIC VENANCE/AFP via Getty Images) Getty Images

Emmanuel Macron veut interdire les téléphones portables au lycée, męme pendant les pauses, dès la rentrée prochaine. Le chef de l'État a annoncé cette mesure lors d'un échange avec des lecteurs à Mirecourt, dans les Vosges. Mais syndicats et proviseurs dénoncent une proposition irréaliste et coûteuse, alors que le dispositif "portable en pause" déjà généralisé au collège rencontre de graves difficultés de mise en œuvre.

Une loi votée en 2018 interdit déjà l'utilisation du portable de la maternelle au collège. Le système "portable en pause", expérimenté en 2024-2025 puis généralisé en septembre dernier, oblige les élèves à déposer leurs téléphones dans des conteneurs. Macron affirme que ce dispositif fonctionne «plutôt bien» et souhaite maintenant l'étendre aux lycées. «A partir de la rentrée prochaine, on veut faire +plus de portables au lycée+», a-t-il déclaré.

Un dispositif qui ne fonctionne pas

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU, critique frontalement le président : il «veut généraliser un dispositif qui n'existe pas ou qui a été un échec». Selon elle, Macron passe à côté de l'essentiel. «Il passe à côté de l'enjeu essentiel, celui de la prévention, de l'information, de la régulation de tous les outils numériques», souligne-t-elle.

Jean-Rémi Girard, président du syndicat d'enseignants Snalc, détaille les obstacles pratiques : «Dans beaucoup de collèges, on fait en sorte que les élèves n'utilisent pas leur téléphones pendant les cours, mais hors cours, on n'a pas la capacité de mettre des boites où ils les posent et les reprennent, avec le risque de créer des attroupements de 500 élèves au męme endroit, les élèves peuvent dire qu'il n'en ont pas, on n'a pas envie de les fouiller».

Des coûts astronomiques

Le financement pose un problème majeur. Sur les 101 conseils départementaux, seuls deux ont entièrement financé le dispositif "portable en pause" dans leurs collèges. Une dizaine d'autres l'ont fait pour un ou deux établissements. Or la France compte 5 300 collèges publics et environ 1 600 lycées.

Bruno Bobkiewicz, proviseur et secrétaire général du syndicat SNPDEN Unsa, juge la proposition absurde. «La loi se suffisait», estime-t-il, rappelant que l'interdiction légale existe déjà. Étendre la mesure aux lycées serait «du délire» selon lui. «Je ne vais pas mettre 1.200 casiers à l'entrée», tranche le proviseur.

Questionnements sur le timing

Les élèves eux-męmes sont partagés. Kezia, 17 ans, en première au lycée Claude Gellée à Épinal, suggère une approche nuancée : «Je pense que ce serait une bonne idée pour qu'on perde peut-ętre moins de temps sur notre téléphone, interdire peut-ętre juste les réseaux sociaux et pas forcément interdire le fait d'utiliser le téléphone». Louwann, également 17 ans, estime qu'«au lycée, on peut commencer à apprendre à respecter les règles et à savoir utiliser son téléphone comme il le faut».

Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d'établissements ID-FO, privilégie la pédagogie. «Il faut convaincre, faire réfléchir, pour faire évaluer les comportements», plaide-t-elle. Elle voit dans cette annonce une stratégie de diversion : «annoncer cela maintenant donne vraiment l'impression qu'on cherche à détourner l'attention des vrais sujets: le budget de l'Éducation nationale».

Le ministère de l'Éducation nationale justifie l'extension du dispositif par la nécessité de lutter contre la consommation croissante d'écrans chez les adolescents, liée à des problèmes d'apprentissage, de socialisation et de santé publique. Mais aucune donnée précise sur la mise en œuvre du "portable en pause" n'a pu ętre fournie.

Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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