Pourquoi votre supermarché vous surveille avec l'IA sans vous le dire

upday.com 2 godzin temu
Des milliers de commerces français utilisent des caméras IA contre le vol (Image symbolique - Générée par IA) AI Generated Stock Image

Des milliers de commerces français utilisent des caméras de surveillance augmentées par intelligence artificielle pour lutter contre le vol, une pratique actuellement interdite par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil). Un député Renaissance, Paul Midy, a déposé une proposition de loi pour encadrer cette technologie et lancer une phase d'expérimentation jusqu'en 2027.

Arul Judson, gérant d'un Franprix à Montreuil près de Paris, a perdu près de 60.000 euros lors de sa première année d'exploitation. Depuis qu'il a installé le système d'IA pour 250 euros par mois, ses pertes ont été divisées par deux. Le logiciel analyse les comportements suspects comme « la mise en sac » et envoie des alertes vidéo au personnel.

Nelson Lopes, patron d'un supermarché dans le XXème arrondissement parisien, cible particulièrement les produits « onéreux » avec cette technologie. Il attribue la hausse des vols à « l'inflation et la pauvreté ». « De plus en plus c'est la petite mamie, c'est tout le monde qui vole aujourd'hui », constate-t-il. Son employé Abdelkrim Harbache, 42 ans, observe l'efficacité du système : « Les voleurs, ils sont confrontés parce qu'ils peuvent pas nier. »

Une technologie en expansion

La start-up Veesion, qui commercialise ce logiciel d'analyse comportementale, équipe déjà 2.000 à 3.000 enseignes en France. Son PDG Thibault David affirme que le système « se conforme au RGPD » et « ne fait pas d'analyse biométrique ». Latifa Gharbi, pharmacienne dans le IXème arrondissement, économise 4.000 euros de marchandises volées par an et évite de payer un vigile. « Quand on leur dit +c'est la caméra IA qui vous a grillé+, c'est enregistré et tout de suite la tension tombe », explique-t-elle.

Pourtant, de nombreux magasins n'informent pas explicitement leurs clients que leurs caméras sont « augmentées ». Loan, 65 ans, cliente d'une supérette, proteste : « C'est normal que le magasin informe que non seulement on peut ętre filmé, mais surveillé par une IA. » Elle redoute « un monde qui est trop flou ». Le système nécessite aussi un entraînement constant, confondant parfois un téléphone avec un objet volé. « C'est un outil, il faut constamment l'entraîner en lui signalant ses erreurs », précise la pharmacienne.

Un vide juridique à combler

La Cnil affirme que l'utilisation commerciale de ces caméras est interdite sans législation spécifique, en raison de l'analyse massive de données personnelles et du risque de surveillance généralisée. Le Conseil constitutionnel avait validé une surveillance similaire pour les Jeux olympiques, mais uniquement dans un cadre antiterroriste.

La proposition de loi de Paul Midy vise une « évolution encadrée » qui exclut la « reconnaissance faciale et conserve le contrôle humain continu ». Le député justifie la mesure par le caractère privé des espaces commerciaux : « Si vous ne voulez pas rentrer dans un magasin qui a des caméras augmentées, vous changez de magasin. » Alex, 46 ans, exprime un certain fatalisme : « J'ai été fiché quand je suis arrivé sur cette terre. Se faire traquer par l'IA, c'est que la suite logique et ça ne va pas s'arręter là. »

Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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