Le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis jeudi le renvoi en correctionnelle de Rémy Daillet et 14 autres personnes. La figure complotiste de 59 ans et ses co-accusés doivent répondre d'accusations liées à des projets d'attentats d'ultradroite visant à déstabiliser l'État et à l'enlèvement d'une fillette en 2021. Cette demande marque une étape décisive dans une enquęte judiciaire qui a démarré en mai 2021.
Le Pnat poursuit cinq personnes pour participation à un groupuscule en vue d'un projet terroriste, six pour l'enlèvement de l'enfant, et quatre personnes, dont Daillet, cumulent les deux chefs d'accusation. L'enquęte a révélé un projet de « renversement du pouvoir » qui, initialement décrit comme « pacifique », aurait évolué vers la violence.
Le 13 avril 2021, des complices ont enlevé la petite Mia, alors âgée de huit ans, à la demande de sa mère. Les autorités ont retrouvé la fillette cinq jours plus tard dans un squat en Suisse. Cet enlèvement s'inscrivait dans un réseau orchestré par Daillet, qui utilisait son influence pour mobiliser ses adeptes.
L'inspirateur complotiste
Rémy Daillet cultivait une « allure de dandy » et diffusait ses théories conspirationnistes via sa chaîne YouTube, désormais fermée. Ses vidéos, visionnées plusieurs centaines de milliers de fois, dénonçaient les vaccins, la 5G, l'Europe, les « chemtrails » et les « placements abusifs d'enfants ». Ses partisans l'ont décrit aux enquęteurs comme un « fou furieux ».
Les autorités malaisiennes arrętent Daillet fin mai 2021 sur l'île de Langkawi en Malaisie, où il résidait avec sa compagne et ses enfants. La Malaisie l'expulse vers la France en raison de visas expirés. Les autorités françaises l'incarcèrent en juin 2021, avant de le libérer deux ans plus tard sous contrôle judiciaire.
Arsenaux et projets d'attentats
L'enquęte a mis au jour des échanges entre les mis en cause évoquant le projet d'« enlever » et de « filmer leurs aveux » de personnalités ciblées. Parmi les cibles figuraient Édouard Philippe, Premier ministre au temps de la crise sanitaire, la personnalité de confession juive Jacques Attali, des centres de vaccination contre le Covid, des antennes 5G et une église soupçonnée d'organiser des « séances sataniques ». Des messages retrouvés mentionnaient la mobilisation de «200 a 300 soldats» pour « en finir » avec Emmanuel Macron.
Le groupuscule d'ultradroite, qui agrégeait des profils variés - chômeurs, anciens militaires, musiciens - prévoyait d'intercepter un stock de fusils d'assaut Famas « voué à la destruction ». Les enquęteurs découvrent un arsenal composé de grenades, revolvers, arbalètes et poignards au domicile d'un accusé. Les enquęteurs retrouvent des informations sur des explosifs sur des supports numériques.
Les investigations ont également révélé deux projets distincts : le « Projet Alsace », attribué au groupuscule « Honneur et nation » à l'idéologie néonazie et visant une loge maçonnique en Moselle, et le « Projet Azur », qualifié de « coup d'État » ciblant des sites stratégiques et des services de police dans la capitale.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).









