La Russie a libéré jeudi le chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné depuis juin 2024, dans le cadre d'un échange de prisonniers avec la France. Le basketteur professionnel russe Daniil Kasatkin, détenu en France depuis juin 2025, a été renvoyé à Moscou. L'opération illustre les tensions persistantes entre Paris et Moscou, tout en démontrant que des canaux de négociation restent ouverts malgré la dégradation des relations bilatérales.
Laurent Vinatier, 49 ans, spécialiste de l'espace post-soviétique et employé du Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse qui joue un rôle de médiation dans des conflits comme celui en Ukraine, avait été condamné à trois ans de prison pour ne pas s'ętre enregistré comme «agent de l'étranger». La justice russe lui reprochait d'avoir collecté des «informations militaires» pouvant ętre «utilisées contre la sécurité» de la Russie. Vinatier avait affirmé ne pas savoir que cette inscription était obligatoire.
En août dernier, les autorités russes ont aggravé son cas en l'accusant d'«espionnage», un crime passible de 20 ans de prison en Russie. Lors d'une audience à cette période, le chercheur avait déclaré se sentir «fatigué» et avait répondu «oui» à un journaliste lui demandant s'il se sentait «otage» du gouvernement russe. Le président Vladimir Poutine l'a gracié jeudi, permettant l'échange.
Basketteur russe soupçonné de piratage
Daniil Kasatkin, détenu en France depuis juin 2025, était soupçonné par la justice américaine d'appartenir à un groupe de hackers. Les États-Unis avaient demandé son extradition. La justice française avait émis un avis favorable fin octobre, mais Me Frédéric Bélot, l'avocat du basketteur, a précisé à l'AFP qu'«il n'y a pas eu de décret d'extradition vers les États-Unis du Premier ministre».
Le FSB, le service de sécurité russe, a annoncé l'échange et diffusé une vidéo montrant la libération de Vinatier. Me Frédéric Bélot, également avocat des parents de Laurent Vinatier, a exprimé à l'AFP un «immense soulagement» suite à la libération du chercheur. La diplomatie française a annoncé le retour de Vinatier en France et l'a accueilli au Quai d'Orsay.
Négociations dans un climat tendu
L'échange intervient alors que les relations entre Paris et Moscou sont fortement dégradées. La France accuse la Russie d'actes de déstabilisation, tandis que le Kremlin reproche à Paris son soutien à l'Ukraine et la censure des médias russes. Fin novembre, trois personnes ont été mises en examen et écrouées à Paris pour ingérence et espionnage économique au profit de Moscou.
Moscou avait fait une «proposition» à la France concernant l'échange de Vinatier fin décembre. Lors de sa conférence de presse annuelle, Vladimir Poutine avait affirmé «ne rien savoir» du cas Vinatier, promettant de se «renseigner» et de «résoudre cette question».
Le président Emmanuel Macron avait jugé en décembre qu'il pourrait «redevenir utile» pour les Européens de dialoguer avec Vladimir Poutine, plutôt que de laisser les États-Unis comme seul médiateur dans les négociations sur le conflit ukrainien. Depuis l'offensive russe contre l'Ukraine en 2022, Moscou a arręté plusieurs ressortissants occidentaux, notamment pour «espionnage», conduisant à plusieurs échanges de prisonniers avec les États-Unis.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).





