Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné mardi l'influenceuse russe Malika Evtemirova, 41 ans, à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour des pratiques de médecine esthétique clandestine. Son assistante, Aïcha Berrada, a écopé de deux ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, pour complicité. Le tribunal a souligné la gravité «de faits extręmement graves, commis sur une durée de près de quatre ans, à grande échelle et surtout entraînant des conséquences très graves et durables sur la santé de nombreuses jeunes femmes [...]».
Le tribunal interdit définitivement aux deux femmes d'exercer toute profession liée à la médecine, la pharmacie ou l'esthétique. Malika Evtemirova doit également payer une amende de 50 000 euros, tandis qu'Aïcha Berrada devra verser 20 000 euros.
Un mandat de dépôt à effet différé a été prononcé contre l'influenceuse. Quatre autres membres du réseau, dont le mari de Malika Evtemirova, ont reçu des peines de huit à dix mois d'emprisonnement avec sursis.
Conséquences dramatiques pour les victimes
Quatre jeunes femmes se sont portées parties civiles dans cette affaire. Me Charlotte Patrigeon, avocate d'une victime, a déclaré à l'AFP que sa cliente «va se faire réopérer pour la cinquième fois». Une autre victime, âgée de 35 ans, présente selon son avocate Me Sophie Kerzerho un «corps mutilé, déformé, plein de cicatrices» après neuf opérations de réparation. Les experts médicaux n'ont pas encore identifié tous les produits injectés.
«Les juges ont pris en considération la souffrance réelle des victimes», a souligné Me Patrigeon auprès de l'AFP. L'avocate a ajouté: «La réalité des choses, c'est que c'est tout aussi dangereux que la mise en circulation de produits stupéfiants.» Le tribunal a qualifié ces actes illégaux d'«extręmement lucratifs».
Un réseau organisé sur les réseaux sociaux
Malika Evtemirova promouvait des interventions comme les «russian lips» et proposait des prix compétitifs pour des injections de botox via plusieurs comptes sur les réseaux sociaux. Elle pratiquait des injections pour repulper les lèvres, effacer les rides et augmenter le volume des hanches et des fesses. Les produits provenaient de fournisseurs sud-coréens ou ukrainiens. Certains nécessitaient une ordonnance en France, d'autres n'étaient pas autorisés dans l'Union européenne.
Aïcha Berrada, d'abord cliente, gérait ensuite les comptes sur les réseaux sociaux pour prendre les rendez-vous. Les interventions se déroulaient notamment dans un appartement à Romainville, en Seine-Saint-Denis. Lors du procès, la présidente a questionné une co-prévenue: «Vous n'avez pas trouvé étrange qu'une médecin exerce dans votre cuisine?» L'ancienne infirmière russe a répondu via un interprète: «Non, puisque ma cuisine était très propre.»
Sévérité de la décision
Les condamnations dépassent les réquisitions du parquet prononcées en novembre. Me Lucie Monge, avocate de Malika Evtemirova, a jugé la décision «extręmement sévère», rappelant que sa cliente n'avait aucun antécédent judiciaire. L'influenceuse, arrivée en France en 2009, aurait suivi des études de médecine dans son pays d'origine mais n'a jamais fait valider son diplôme. Elle a exercé illégalement entre 2019 et 2023 en Île-de-France et parfois en Loire-Atlantique.
Me Patrigeon a souligné lors du procès que les victimes «n'étaient pas armés pour faire la différence entre qui est médecin et qui ne l'est pas».
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).








