Deux avocats français, Marie Dosé et Matthieu Bagard, ont dénoncé mardi à l'AFP le « transfert illégal » de 47 prisonniers français de Syrie vers l'Irak. Les deux juristes, qui reviennent de Bagdad où ils ont interrogé 13 des transférés, accusent Paris de complicité et alertent sur un « désastre sécuritaire annoncé ».
Les avocats ont rencontré 13 de ces Français, soupçonnés d'appartenance à l'organisation État islamique, entre dimanche et lundi dans la capitale irakienne. Les autorités les ont arrętés entre 2017 et la chute de l'EI à Baghouz en mars 2019. Les familles de ces détenus ont mandaté Mes Dosé et Bagard pour les représenter.
Les 13 prisonniers ont rapporté aux avocats des conditions « extręmement difficiles » dans la prison de Dęrik, dans le nord de la Syrie, où ils étaient détenus avant leur transfert le 21 juillet. Quatre autres Français y sont morts « en raison de carences sévères et de maladies », selon le rapport consulté par l'AFP.
Accusations de tortures
Les détenus ont témoigné de « tortures et traitements inhumains » lors des interrogatoires en Irak. Ces séances visaient à « faire avouer leur présence en Irak » afin de permettre des procès à Bagdad, ont-ils rapporté aux avocats.
Parmi les 47 transférés figure un jeune majeur. Sa mère l'a emmené en Syrie à l'âge de 11 ou 12 ans. Il était jusqu'alors détenu au centre de réhabilitation d'Orkesh en Syrie.
Les conditions de détention actuelles en Irak restent précaires. Les autorités irakiennes enferment les prisonniers dans des cellules collectives d'environ « deux mètres carrés » par personne, selon leurs témoignages. Des membres du contre-terrorisme irakien assistaient aux entretiens entre les avocats et leurs clients.
Un précédent inquiétant
Cette affaire rappelle le sort de 11 Français condamnés à mort en Irak en 2019. L'Irak a commué leurs peines en perpétuité en 2023. Les avocats dénoncent des procès qui furent « Un simulacre d'audience » où les accusés « n'ont jamais eu accès à leur dossier, ni à un interprète, ni à une défense effective ». Ces 11 personnes, également visées par des enquętes antiterroristes françaises, demandent aujourd'hui à purger leur peine en France.
Mes Bagard et Dosé accusent la France de récidive : « Six ans plus tard, la France récidive donc en se rendant complice du transfert illégal de 47 ressortissants français du nord-est syrien à Bagdad. » Selon Me Bagard, l'État français « sous-traite le sort judiciaire de ses propres ressortissants à l'Irak », ce qui risque de priver la justice antiterroriste française d'informations cruciales.
Les deux avocats estiment que ces transferts constituent « la marque d'une faiblesse qui en dit long sur nos renonciations et le signe d'un désastre sécuritaire annoncé ».
La justice antiterroriste française continue de travailler sur les parcours des djihadistes présumés, tandis que des associations de victimes se montrent favorables au rapatriement des suspects pour permettre des enquętes transparentes.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).










