La DZ Mafia, puissant groupe criminel marseillais, a pris le contrôle des points de vente de drogue à Alès, une petite ville de 46 000 habitants dans le Gard. Cette implantation a entraîné une flambée de violence et transformé le quotidien des habitants, suscitant l'inquiétude à quelques semaines des élections municipales de mars.
Jusqu'à l'été 2025, les quatre points de deal de la ville étaient gérés par des habitants locaux, parfois en famille. L'interpellation massive de ces trafiquants a créé un vide rapidement comblé par des réseaux venus de Marseille et d'autres régions françaises, selon le procureur d'Alès, Abdelkrim Grini.
Une violence inédite
Les conséquences sont brutales. En janvier, quatre jeunes venus de Seine-Saint-Denis ont essuyé des tirs près d'une cantine scolaire et d'un point de deal dans le quartier de Prés-Saint-Jean, situé à dix minutes à pied du centre-ville. Un adolescent de 15 ans a été touché à la jambe. Quelques jours plus tard, un homme d'une trentaine d'années a été blessé par balles et un quinquagénaire de 54 ans tué dans le męme quartier.
«La délinquance est devenue beaucoup plus violente», constate le procureur Grini. Les murs de la ville témoignent de cette guerre des territoires : des tags affichent les prix du cannabis et de la cocaïne, tandis qu'un graffiti défie les nouveaux arrivants : «Ici, c'est Alès, pas la DZ».
Des jeunes recrutés comme «chair à canon»
Les réseaux marseillais recrutent massivement via les réseaux sociaux. «Ce sont des jeunes de 13 à 25 ans, recrutés via les réseaux sociaux, qui viennent gagner 150 euros la journée pour faire le guet, 200 ou 250 pour la vente. Mais c'est tout simplement de la chair à canon», explique Abdelkrim Grini. Ces adolescents, souvent en rupture familiale, deviennent les victimes de ces réseaux où ils subissent violences, abus et risquent leur vie.
En décembre, trois adolescents sont morts dans une voiture tombée dans une piscine. L'un d'eux, un fugueur de 15 ans venu de Nevers, avait été intercepté auparavant sur un point de deal d'Alès. Le conducteur de 19 ans était positif au protoxyde d'azote, au cannabis et à l'alcool.
Une population excédée
«Le balayeur ne peut plus venir nettoyer. Et le soir, il y a des coups de feu», témoigne une habitante anonyme. À quelques semaines du scrutin municipal, elle lance un ultimatum : «Si le maire il veut qu'on vote pour lui dans le quartier, il faut éradiquer ce problème».
Le maire Les Républicains Christophe Rivenq, qui se présente pour la première fois sous son propre nom après avoir succédé à Max Roustan (en poste de 1955 à 2025), se dit «très en colère» contre l'«hyper-médiatisation» du problème. Il dénonce des «chaînes de désinformation» qui «laissent penser que la ville serait devenue invivable. Or, la réalité, c'est que la délinquance, celle qui crée un sentiment d'insécurité, est en diminution».
La procureure de Nîmes, Cécile Gensac, s'est rendue à Alès mi-janvier pour «visualiser les quartiers dans lesquels se déroulent les trafics» et «essayer d'appréhender les prises de possession qui impliquent la DZ Mafia». Le maire affrontera en mars des listes PCF-LFI, PS-Écologistes, une liste citoyenne et des candidats du Rassemblement National.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).










