Ariane 6 dépend d'Amazon pour 18 vols : un risque pour l'Europe spatiale ?

upday.com 2 godzin temu
La fusée Ariane 6 de l'Agence spatiale européenne pręte au lancement depuis Kourou en Guyane française. (Image symbolique) (Photo by Ronan LIETAR / AFP) (Photo by RONAN LIETAR/AFP via Getty Images) Getty Images

La fusée européenne Ariane 6 s'appręte à lancer jeudi 32 satellites pour Amazon Leo depuis Kourou, en Guyane française. Cette mission inaugure les vols d'Ariane 6 pour son principal client commercial et marque un tournant décisif pour la compétitivité européenne dans le spatial. Le lancement soulève toutefois une question épineuse : la dépendance d'un lanceur souverain européen à une entreprise américaine fondée par Jeff Bezos.

Le décollage est prévu jeudi à 13h45 heure locale (16h45 GMT). La fusée utilisera sa version la plus puissante, l'Ariane 64, équipée de quatre propulseurs latéraux. Cette configuration double la capacité d'emport à 21,6 tonnes, contre 10 à 11 tonnes pour l'A62 utilisée lors des cinq vols précédents.

Amazon Leo représente un poids commercial majeur pour Ariane 6. La constellation de satellites a sécurisé 18 lancements sur environ 30 commandes au total dans le carnet d'Arianespace. L'objectif final d'Amazon Leo est de déployer 3.200 satellites, dont seulement 175 sont actuellement en orbite. La constellation reste loin derrière Starlink d'Elon Musk, qui compte près de 9.400 satellites.

Défi technique et tension

La mission représente un défi technique considérable. Pierre Lionnet, directeur de la recherche chez Eurospace, l'association professionnelle de l'industrie spatiale européenne, a souligné la complexité : «Déployer 32 satellites est plus compliqué que d'en déployer un, il faut les séparer les uns après les autres.»

Martijn Van Delden, responsable du développement commercial Europe d'Amazon Leo, a confirmé qu'il s'agit de «notre charge utile la plus importante à ce jour». Philippe Clar, directeur des lanceurs d'ArianeGroup, a insisté sur l'enjeu : «Si cela se passe bien là, cela contribuera à la confiance du marché.»

La tension est palpable dans les équipes. Joannis, responsable d'atelier chez ArianeGroup près de Bordeaux où sont fabriqués les propulseurs, a confié fin janvier : «Je serai devant ma télé, avec toujours un peu d'émotion et de stress.» Il a ajouté qu'«il ne faut surtout pas ętre trop confiant» face à cette «première».

Le dilemme de la souveraineté

Le partenariat avec Amazon soulève des interrogations sur l'indépendance européenne. Ludwig Moeller, directeur de l'Institut européen de politique spatiale basé à Vienne, a mis en garde : «A terme, un lanceur européen souverain ne peut pas dépendre principalement des marchés étrangers, qui peuvent exiger un traitement prioritaire soutenu par leur puissance économique, ou qui peuvent devenir imprévisibles ou inaccessibles sans préavis, compte tenu de l'environnement géopolitique actuel et des guerres commerciales.»

La réalité économique impose pourtant cette dépendance. Pierre Lionnet a expliqué : «L'importance fondamentale aujourd'hui c'est d'avoir une clientèle commerciale en plus de la clientèle institutionnelle pour offrir à l'équipe Ariane suffisamment d'activités pour justifier une cadence de 8 à 10 lancements par an.» La demande institutionnelle européenne, portée par l'Union européenne et le ministère de la Défense, ne représente que deux à quatre lancements annuels.

Montée en cadence

Arianespace vise «sept à huit vols cette année avec une grande polyvalence des missions», selon David Cavaillolès, patron de l'entreprise qui commercialise la fusée. Martin Sion, président exécutif d'ArianeGroup qui fabrique le lanceur, a souligné qu'«il s'agit d'une montée en cadence unique pour un lanceur lourd».

Le lanceur doit encore faire ses preuves économiques. Philippe Baptiste, ancien directeur du Cnes et ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, a rappelé la nécessité de «démontrer son savoir-faire en termes de maîtrise de coûts». Ariane 6 a effectué son vol inaugural en juillet 2024 et réalisé quatre lancements en 2025, soit un de moins que prévu.

Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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