Derrière le buzz des lunettes Macron : ce que révèlent les licenciements d'octobre

upday.com 2 godzin temu
Le président Emmanuel Macron portant des lunettes de soleil lors d'une cérémonie à l'Élysée. (Image symbolique) (Photo by Tom Nicholson / POOL / AFP via Getty Images) Getty Images

La boutique en ligne de l'Elysée a mis en vente les lunettes de soleil « Pacific S01 » portées par le président Emmanuel Macron au Forum de Davos la semaine dernière. L'apparition a déclenché un engouement mondial et une explosion des ventes pour le fabricant français Henry Jullien, propriété de la société italienne iVision Tech.

Le succès intervient après une période de difficultés : l'entreprise a licencié quatre employées en octobre 2024.

Un succès commercial fulgurant

Le modèle présidentiel, vendu au prix de 659 euros, s'est écoulé à plus de 500 exemplaires en ligne. L'engouement a fait crasher le site de la marque, obligeant à ouvrir un site temporaire dédié. L'action d'iVision Tech s'est envolée de 70% en quelques jours en bourse.

Stefano Fulchir, PDG de la société italienne propriétaire de la marque, s'est enthousiasmé : « On nous a appelés du monde entier, cela nous a fait une publicité incroyable. » Auparavant, Henry Jullien produisait 1 000 paires par an, dont 200 modèles Pacific S01.

La paire présidentielle nécessite 279 actions et près de quatre mois de travail. Macron avait commandé le modèle en partie conçu avec un fil d'or en 2024 pour « faire un cadeau à un ministre pendant le G20 », selon Fulchir. Le président en avait commandé une seconde paire pour lui-męme, qualifiant le produit d'« un morceau d'histoire française ».

Le revers de la médaille

En octobre 2024, l'entreprise a licencié quatre salariées pour « des problèmes de cadence », selon leur avocat Philippe Métifiot-Favoule. Il a estimé que l'attention médiatique était « assez injuste ». Les nouveaux propriétaires seraient « plus intéressés par la marque que par les ouvrières », a-t-il déclaré.

Marie-Madeleine Gautheron, 40 ans, licenciée et aujourd'hui femme de ménage, a raconté que l'entreprise était « partis avec les plans en Italie, et revenus en France avec des cartons de lunettes qui ressemblaient aux nôtres ». Henry Jullien employait 180 salariés il y a une quinzaine d'années. L'entreprise n'en comptait plus que 15 lors de son rachat par iVision Tech en septembre 2023.

Aujourd'hui, dix salariés travaillent à Lons-le-Saunier dans le Jura, dont trois en production. Stefano Fulchir a précisé que l'entreprise estampillera les lunettes produites dans le Jura « made in France », celles de l'usine de Martignacco en Italie « made in Italy ». Selon lui, les deux labels sont « les plus importants au monde » dans le secteur et garantissent la qualité.

Une industrie en déclin

Le secteur lunetier français, né dans le Jura en 1796, a connu un déclin massif face à la concurrence asiatique. Il employait 10 000 personnes dans les années 1950, contre environ 800 aujourd'hui réparties sur une cinquantaine de sociétés. Ces entreprises produisent plus de 2 millions de montures par an, de moyenne et haute gamme.

Julien Forestier, qui préside le syndicat des lunetiers du massif jurassien, estime que le buzz autour de Macron « rapportera rien ». Il a déploré : « Nous ne sommes plus que quelques entreprises à nous battre pour de la fabrication française. » Les opticiens « ne croient plus tellement » au made in France, a-t-il ajouté.

Jean-Yves Ravier, maire divers gauche de Lons-le-Saunier, y voit néanmoins « une bonne chose » pour la marque, l'entreprise locale et la ville. « ça peut ętre l'occasion de redynamiser le site », a-t-il espéré.

Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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