Les discriminations liées à l'âge au travail touchent davantage les femmes que les hommes, révèlent de nouvelles études du Défenseur des droits et d'Ipsos. Cette inégalité affecte aussi bien les jeunes que les seniors, avec des conséquences concrètes sur l'emploi et les carrières.
L'âge constitue le critère de discrimination le plus fréquent dans la recherche d'emploi. 42 % des personnes interrogées selon le baromètre du Défenseur des droits publié en décembre citent ce facteur. Mais l'impact varie fortement selon le genre : 64 % des jeunes femmes de 18 à 34 ans rapportent des remarques dépréciatives liées à leur âge, contre seulement 38 % des hommes du męme âge. Chez les 55 ans et plus, 52 % des femmes se plaignent de telles remarques, contre 18 % des hommes.
Les chiffres de l'emploi confirment ces difficultés. Dans la tranche d'âge des 55 ans et plus, davantage d'hommes que de femmes occupent un emploi. Valérie Gruau, directrice de la plateforme Seniors à votre service, observe que « Les difficultés de retour à l'emploi sont plus compliquées pour les femmes que pour les hommes ». Elle précise : « quand elles vont reprendre une activité, ce sera plus souvent à temps partiel, comparé aux hommes ».
Des parcours marqués par la discrimination
Céline Faudemer, 55 ans, a été responsable produits dans le secteur du voyage pendant des années. Après deux ans d'arręt maladie suite à un cancer en 2022, elle raconte : « J'ai été licenciée pour inaptitude et je me suis mise à rechercher un travail ». Le résultat : « soit on ne me répond pas, soit on veut me payer comme une débutante ». Elle se sent « victime de discrimination parce que je suis une femme de 55 ans expérimentée ».
Marie, 62 ans, cadre dans un groupe bancaire, a reçu des évaluations « au-dessus des attentes » pendant onze ans. Il y a cinq ans, lors d'une restructuration, le groupe l'a « rétrogradée » et « mise à l'écart de son service » - seule femme dans une équipe de quatre. Son management lui a demandé de « [...] trouver un nouveau poste par moi-męme dans le groupe parce qu'il n'y avait plus de place pour mon niveau de qualification ». L'entreprise l'a finalement licenciée après qu'elle ait refusé un départ volontaire, malgré sa formation continue sur les évolutions réglementaires et technologiques.
Une accumulation de désavantages
Blandine Mercier, fondatrice de la plateforme Hello Masters destinée « aux cadres et dirigeants expérimentés », explique à l'AFP que la discrimination touche « les seniors, mais aussi les jeunes ». Les femmes subissent « une forme de cumul » de handicaps professionnels, avec « des carrières moins linéaires que celles des hommes » - « męme si c'est en train d'évoluer » - en raison des responsabilités familiales et parentales. Ces facteurs constituent « autant de freins dans la vie professionnelle ».
Le phénomène s'aggrave récemment. Selon le Défenseur des droits, les jeunes de 18 à 29 ans perçoivent désormais davantage de discrimination liée à l'âge « dans la recherche d'emploi comme dans le déroulement de carrière, alors qu'aucune différence n'était observée en fonction de l'âge en 2016 ». Cette évolution suggère une intensification des pratiques discriminatoires ou une prise de conscience accrue du problème.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).



