L'Éthiopie a exigé le retrait immédiat des troupes érythréennes de son territoire et la fin de toute collaboration avec les groupes rebelles éthiopiens. Cette demande, formulée dans une lettre du ministre éthiopien des Affaires étrangères à son homologue érythréen datée de samedi et confirmée dimanche, marque une escalade majeure des tensions entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique et accroît le risque d'un nouveau conflit.
Gedion Timotheos dénonce une «incursion» érythréenne et des «manœuvres récentes avec des groupes rebelles éthiopiens». Le ministre éthiopien affirme dans sa lettre «que le gouvernement érythréen a choisi la voie d'une escalade». Il exige qu'Asmara retire immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et cesse toute forme de collaboration avec les groupes rebelles.
Addis-Abeba affirme que les actions érythréennes ne sont pas de «simples provocations, mais des actes d'agression pure et simple». Le ministre érythréen de l'Information, Yemane Gebremeskel, n'a pas répondu aux sollicitations.
Un passé conflictuel
Les deux pays ont connu une guerre meurtrière de 1998 à 2000, causée principalement par des litiges frontaliers et ayant fait des dizaines de milliers de morts. Après 18 ans de relations tendues, les deux pays ont normalisé leurs relations en 2018 avec l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2019.
Les soldats érythréens sont cependant présents dans la région éthiopienne du Tigré depuis la guerre de novembre 2020, malgré un accord de paix signé en novembre 2022 prévoyant le retrait des forces étrangères. Les négociations n'ont pas inclus l'Érythrée. Le conflit du Tigré a fait au moins 600 000 morts selon l'Union africaine, un bilan que les experts jugent sous-estimé.
Une porte ouverte au dialogue
Malgré l'escalade verbale, Addis-Abeba estime qu'il est «possible de briser ce cycle de violence et de méfiance par le dialogue et l'engagement diplomatique». Le chef de la diplomatie éthiopienne a indiqué que si Asmara donne une «réponse positive à notre demande légitime de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Éthiopie», son gouvernement «est disposé à s'engager de bonne foi dans des négociations en vue d'un règlement global de toutes les questions d'intéręt commun, y compris les affaires maritimes et la question de l'accès à la mer par le port d'Assab».
Cette mention du port érythréen d'Assab est hautement provocatrice pour Asmara. L'Éthiopie, pays enclavé de quelque 130 millions d'habitants et deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, cherche à obtenir un accès à la mer.
L'Érythrée, ancienne colonie italienne annexée par l'Éthiopie dans les années 1950, a obtenu son indépendance en 1993 après des décennies de lutte armée. Elle a démenti les accusations éthiopiennes de soutien aux rebelles et qualifié de «mensonges» les allégations d'Abiy Ahmed concernant des «massacres» commis par l'armée érythréenne durant le conflit du Tigré.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).








