Le président Emmanuel Macron a dénoncé vendredi «l'hydre antisémite» qui s'est infiltrée «dans chaque interstice» de la société française depuis 20 ans. Le chef de l'État s'exprimait lors d'un hommage à Ilan Halimi, un jeune homme juif de 23 ans enlevé, torturé et assassiné en 2006.
Macron a ciblé plusieurs formes d'antisémitisme dans son discours. Il a évoqué «l'antisémitisme islamiste à l'origine du pogrom du 7 octobre», en référence aux attaques du Hamas en Israël qui ont fait 1 221 morts le 7 octobre 2023. Le président a également dénoncé «l'antisémitisme d'extręme gauche [...] qui le dispute à celui d'extręme droite et ses clichés sur la puissance et la richesse». Il a pointé du doigt «l'antisémitisme qui utilise le masque de l'antisionisme pour progresser à bas bruit».
Le meurtre d'Ilan Halimi
Ilan Halimi avait été enlevé en janvier 2006 par le gang des barbares, dirigé par Youssouf Fofana. Le jeune homme a été séquestré et torturé pendant plusieurs semaines par une vingtaine de personnes. Son corps a été retrouvé nu, bâillonné, menotté, portant des traces de torture et de brûlures le long d'une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne. Il est décédé le 13 février 2006 lors de son transfert à l'hôpital.
Hommage à Bagneux
Jeudi soir, entre 300 et 400 personnes s'étaient rassemblées à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, pour commémorer les 20 ans de sa mort. La cérémonie, placée sous haute surveillance policière, s'est tenue dans un jardin portant son nom. Marie-Hélène Amiable, maire communiste de Bagneux élue en 2004, a déclaré devant la foule : «Il y a vingt ans, j'apprenais brutalement par des journalistes [...] qu'un jeune homme de 23 ans disparu depuis plusieurs semaines avait été assassiné dans notre commune.» Elle a ajouté : «Ce crime est une douleur indélébile pour notre ville.»
Elie Korchia, président du Consistoire central, a appelé à une mobilisation collective. «La lutte contre l'antisémitisme est quelque chose qui nous concerne tous», a-t-il affirmé. Il a réclamé un renforcement de la prévention auprès des jeunes et «une prise de conscience collective». Annie Foie, une retraitée de 79 ans résidant à Bagneux depuis plus de 50 ans, a témoigné du choc ressenti à l'époque : «Je travaillais à l'époque chez une dame. Ilan avait été séquestré dans la cave de son immeuble. Sous le choc, cette dame avait appelé son fils pour qu'il l'emmène à Marseille, elle ne pouvait plus rester là.»
Un niveau historiquement élevé
Selon le ministère de l'Intérieur, 1 320 actes antisémites ont été recensés en France en 2025, soit une baisse de 16% par rapport à 2024. Malgré cette diminution, le nombre d'actes reste à «un niveau historiquement élevé». Le ministère souligne que les actes antisémites au cours des 25 dernières années «n'ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années».
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).










