TotalEnergies a officiellement annoncé jeudi la reprise complète de son projet gazier Mozambique LNG, interrompu depuis cinq ans après une attaque jihadiste meurtrière. Le géant énergétique français a levé la force majeure décrétée en avril 2021, avec une production désormais prévue pour 2029. Ce projet de 20 milliards de dollars constitue le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques africaines.
Le PDG Patrick Pouyanné a déclaré lors d'une cérémonie à Afungi, en présence du président mozambicain Daniel Chapo : «Je suis ravi d'annoncer la reprise complète du projet Mozambique LNG (...) La force majeure est levée». Il a ajouté que le projet «fera de la région une nouvelle source de sécurité énergétique mondiale». Plus de 4000 travailleurs sont actuellement sur le site, dont 80% de Mozambicains. Le gouvernement de Maputo a approuvé une compensation de 4,5 milliards de dollars et une extension de concession de dix ans.
Le président Daniel Chapo a salué cette reprise comme «un jour de célébration pour le Mozambique, pour l'Afrique et pour le monde», affirmant que son pays est «capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers».
Contexte sécuritaire
Le projet avait été suspendu en mars 2021 après une attaque jihadiste dévastatrice à Palma, une ville proche du site, qui a fait environ 800 morts selon l'ONG Acled. Cette attaque s'inscrit dans une insurrection jihadiste qui sévit dans le nord du Mozambique depuis 2017 et a causé plus de 6200 morts. Si aucune attaque de cette ampleur ne s'est reproduite, des assauts réguliers contre des civils et militaires persistent dans la région.
Le consortium Mozambique LNG, dans lequel TotalEnergies détient une participation de 26,5%, avait décidé fin octobre de lever la force majeure. Les partenaires ont apporté des fonds propres supplémentaires représentant environ 10% du financement externe, après le retrait début décembre 2025 du soutien financier britannique et néerlandais. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas avaient évoqué des «risques» pour justifier leur désengagement d'un potentiel soutien de 1,15 milliard de dollars.
Controverses persistantes
Le projet fait face à de vives critiques. Des organisations environnementales le dénoncent comme une «bombe climatique» qui augmentera les émissions de gaz à effet de serre et profitera peu à la majorité des Mozambicains. Plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté de 3 dollars par jour, selon la Banque mondiale.
TotalEnergies fait également l'objet de poursuites judiciaires. Une enquęte pour homicide involontaire est en cours suite à des plaintes de victimes de l'attaque de Palma, accusant l'entreprise d'avoir failli à assurer la sécurité de ses sous-traitants. Le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l'homme, une ONG allemande, a déposé plainte pour «complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées», sur la base de témoignages recueillis par Politico accusant des soldats mozambicains chargés de la protection du site d'exactions entre juillet et septembre 2021. TotalEnergies rejette toutes ces accusations.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).










