Emmanuel Macron invoque la menace persistante de Donald Trump sur l'Union européenne pour appeler à une «révolution» économique. Dans un entretien, le président français réclame une «préférence européenne» et des «eurobonds» pour financer des investissements massifs, avertissant que l'Europe risque de disparaître de secteurs stratégiques si elle ne réduit pas sa dépendance envers les États-Unis et la Chine.
Le président français détaille ses propositions à la veille d'une série de visites et de sommets économiques. Il évoque un «état d'urgence géopolitique et géo-économique» et prévient que l'Europe dispose de «3 à 5 ans» pour agir avant de perdre sa place dans des secteurs clés comme les technologies vertes, la chimie, l'acier, l'automobile ou la défense.
Critique de la stratégie d'apaisement
Macron met en garde contre «une forme de lâche soulagement» parmi les dirigeants européens après le pic de la crise avec Washington. «Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d'un seul coup, Washington recule. Et on pense que c'est fini. Mais n'y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique…», déclare-t-il.
Le président français rejette la stratégie d'«arrangement» avec les États-Unis. «Les États-Unis vont dans les prochains mois, c'est sûr, nous attaquer sur la régulation du numérique», affirme-t-il. Il estime que «quand il y a une agression caractérisée», «nous ne devons pas courber l'échine ou essayer de trouver un arrangement». «On a essayé cette stratégie pendant des mois, elle n'est pas payante. Mais surtout, elle conduit stratégiquement l'Europe à accroître sa dépendance», analyse-t-il.
Investissements massifs nécessaires
Macron évalue les besoins d'investissement à «quelque 1 200 milliards d'euros par an» pour «les technologies vertes et numériques» ainsi que «la défense et la sécurité». Il plaide pour une capacité commune d'endettement : «C'est le moment de lancer une capacité commune d'endettement pour ces dépenses d'avenir, des eurobonds d'avenir».
Le président français soutient que «les marchés demandent des actifs sûrs et liquides», notamment «de la dette européenne», mais ne trouvent pas une offre suffisante. Ces propositions, décrites comme typiquement françaises, se heurtent traditionnellement à la résistance d'autres pays, notamment l'Allemagne.
Sommets et coopération renforcée
La Commission européenne a présenté lundi des propositions sur la «préférence européenne» jugées satisfaisantes à Paris. Un sommet informel des Vingt-Sept sur la compétitivité se tiendra jeudi en Belgique, où ces questions devraient ętre discutées.
L'entourage de Macron indique que la France est «pręte à passer à des coopérations renforcées dans les mois qui viennent» avec les États volontaires si un accord complet n'est pas atteint.
Le président français doit visiter mardi le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, puis participer mercredi à un sommet sur l'industrie européenne à Anvers avec le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).









