Environ 300 jeunes migrants africains survivent dans des tentes en plein centre historique de Paris, sur les quais de l'Île Saint-Louis, malgré la neige et le froid extręme. Pendant ce temps, 229 sans-abri ont trouvé un abri temporaire au Carreau du Temple. La vague de froid met en lumière la précarité de centaines de personnes à la rue dans la capitale, dont beaucoup attendent une reconnaissance administrative de leur statut de mineur.
Boubacar, un Guinéen de 16 ans arrivé en France il y a neuf mois, raconte ses nuits glaciales. « Je ne suis pas arrivé à dormir avant 4 heures du matin. Ma tente est déchirée j'avais l'impression qu'il neigeait sur moi », témoigne-t-il. Le jeune homme souffre de symptômes grippaux et de douleurs dentaires.
Installé depuis plusieurs mois, le campement contraste avec le paysage enneigé photographié par les touristes et les Parisiens. Les migrants vivent en « mode survie », selon l'expression de Boubacar. Abbou, arrivé il y a trois semaines, prend des antalgiques pour calmer ses douleurs. Mustapha, 15 ans, d'origine ivoirienne, résume la situation : « La neige quand on est dans une maison au chaud c'est beau à regarder, mais dans ces conditions, c'est un stress. »
Un refuge temporaire au Carreau du Temple
La préfecture a réquisitionné le Carreau du Temple, site habituellement réservé à la Fashion Week et aux foires d'art. Sur 300 lits de camp bleus et verts, 229 personnes ont trouvé refuge : 129 membres de familles, 69 femmes isolées et 31 hommes isolés.
Salif, un Gambien de 16 ans, découvre la neige pour la première fois. « Je veux aller à l'école. C'est ma destination », déclare le jeune homme. Lydie, 47 ans, venue de Guadeloupe, souffre d'apnée du sommeil. Sans hébergement stable depuis août dernier, elle dormait sous les chaises de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. « Dehors, je ne peux pas la brancher. Je prends des risques chaque nuit », explique-t-elle à propos de sa machine respiratoire.
Une aide limitée dans le temps
Le refuge du Carreau du Temple fermera le 14 janvier. Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice du Centre d'action sociale protestant qui gère le site, souligne l'évolution des profils : « Ce n'est plus la misère classique de l'homme isolé, on a aussi des femmes seules. C'est toute la violence du système : on leur offre un répit de quinze jours, mais le 14 janvier, faute de places pérennes, la réalité du trottoir les rattrapera. »
L'instabilité des hébergements empęche les enfants d'aller à l'école. Ariel Weil, maire de Paris Centre, observe les conséquences : « Ce qui me rend dingue, c'est que ces mômes ne sont pas à l'école. » L'institution scolaire se grippe faute d'adresse stable.
Helena Tellio, coordinatrice pour l'Armée du Salut, décrit l'impact du froid sur les migrants du campement : « C'est dur toute l'année, mais avec le froid leurs corps sont encore plus abîmés, ils sont sous tension et en permanence en mode survie. » L'organisation opère des centres d'accueil chauffés proposant soins médicaux, aide psychologique et repas chauds.
La Ville de Paris « continue à demander la mise à l'abri de l'ensemble des personnes vivant sur les campements dans les différents sites ouverts par l'État, avec le concours de la Ville », compte tenu de la persistance des températures très basses.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).




