Le gouvernement sénégalais a qualifié de «tragédie» le décès d'un étudiant en médecine survenu lundi à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Le ministre de l'Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé a reconnu des «actes de violence» commis par les forces de défense et de sécurité lors de leur intervention sur le campus et a annoncé l'ouverture d'une enquęte.
Abdoulaye Ba est décédé des suites de ses blessures après l'intervention des forces de l'ordre sur le campus universitaire. L'incident s'est produit dans un contexte de protestations étudiantes contre les retards de paiement des bourses.
La position du gouvernement
Lors d'une conférence de presse mardi, le ministre de l'Intérieur a déclaré : «Ce qui s'est passé hier (lundi) constitue une tragédie.» Il a ajouté : «Il y a eu des actes de violence qu'on a constatés de part et d'autre, et des actes qu'on a vus émanant des forces de défense et de sécurité. En tant que supérieur (hiérarchique), c'est des actes que je ne peux pas cautionner.»
Mouhamadou Bamba Cissé a affirmé : «Il ne devrait plus y avoir de bavures policières au Sénégal.» L'enquęte ouverte pourrait déboucher sur des «sanctions».
Le ministre a justifié l'intervention des forces de l'ordre en invoquant des «renseignements précis montrant que certaines personnes allaient s'en prendre aux infrastructures du campus social». Il a accusé les étudiants d'avoir endommagé le restaurant universitaire et d'avoir été en possession de grenades lacrymogènes et de cocktails Molotov.
Les accusations des étudiants
Le Collectif des amicales de l'UCAD a porté de graves accusations dans un communiqué. L'organisation affirme qu'Abdoulaye Ba a «été brutalement torturé à mort par les policiers». Le collectif accuse également la police d'avoir «tiré sur des étudiants» et de «défoncer les portes des pavillons en tabassant les étudiants».
Le collectif a affirmé que 105 étudiants ont été détenus au commissariat central de Dakar. Quarante-huit membres des forces de défense et de sécurité ont été blessés lors des affrontements.
Oumar Ba, étudiant en mathématiques âgé de 26 ans, a exprimé la frustration des étudiants : «Le gouvernement doit se ressaisir et prendre des décisions pour que cette situation ne se répète plus. Parce qu'on en a marre...» Omzi Diaw, 24 ans, a déclaré : «Notre camarade Monsieur Ba est décédé hier. Nous ne voulons pas cette sorte de chose... Ca doit ętre réglé une bonne fois pour toutes.»
Fermeture du campus
Les autorités ont fermé le campus social de l'UCAD mardi «jusqu'à nouvel ordre», forçant des centaines d'étudiants à quitter leurs logements.
Les étudiants protestaient depuis plusieurs jours pour réclamer le paiement des arriérés de bourses. Ils accusent le gouvernement de vouloir arręter définitivement le versement des bourses.
Tensions persistantes
Les organisations de défense des droits de l'Homme ont exprimé leur «profonde préoccupation face à la persistance des violences dans les universités publiques sénégalaises depuis plusieurs mois».
L'UCAD accueille des dizaines de milliers d'étudiants et est l'une des principales universités d'Afrique de l'Ouest. Les calendriers académiques connaissent des perturbations depuis plusieurs années, entraînant des retards de plusieurs mois dans le versement des bourses.
La victoire de Bassirou Diomaye Faye et du parti Pastef lors de l'élection présidentielle de 2024, portée par la promesse d'une «rupture», avait généré un espoir important parmi les jeunes. Environ 75% de la population sénégalaise a moins de 35 ans. Malgré l'arrivée de nouvelles autorités, la question de l'intégration de la jeunesse reste d'actualité en 2026.
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).










