La patrouille d'élite danoise Sirius poursuit ses opérations en traîneaux à chiens dans le nord et l'est du Groenland, démontrant l'efficacité de cette méthode unique dans des conditions extręmes. Cette unité navale répond ainsi aux critiques passées de Donald Trump, qui avait ridiculisé la défense de l'île en évoquant «deux traîneaux à chiens» et menacé de s'emparer du territoire riche en minerais.
Six équipes de deux hommes avec une dizaine de chiens chacune patrouillent entre janvier et juin pendant quatre à cinq mois. Elles parcourent environ 30 kilomètres par jour à ski aux côtés des attelages, transportant 500 kilos de matériel par traîneau. Les températures descendent jusqu'à -40°C dans cette vaste région arctique.
Sebastian Ravn Rasmussen, ancien membre de la patrouille âgé de 55 ans, a expliqué à l'AFP la supériorité des chiens sur les motoneiges : «La raison pour laquelle nous utilisons un traîneau à chiens plutôt qu'une motoneige est que le traîneau et les chiens sont résistants. Nous pouvons ętre opérationnels très longtemps sur d'énormes distances dans des environnements extręmement isolés.»
Il a souligné les limites des alternatives modernes : «Une motoneige tomberait rapidement en panne dans ces conditions.» En cas de panne, a-t-il précisé, «vous ne pouvez plus aller plus loin. Et nous sommes très, très loin de tout.» Les traîneaux offrent une résilience incomparable : «Un traîneau à chiens peut tomber en panne, mais nous pouvons le réparer. Et nous pouvons perdre un chien, voire deux ou trois chiens lors d'une patrouille, mais nous pouvons encore avancer, à vitesse réduite.»
Surveillance au sol indispensable
La présence terrestre s'avère cruciale pour une surveillance efficace. «Voir, sentir, percevoir», a résumé Ravn Rasmussen. Il a insisté sur les lacunes de la surveillance aérienne : «Cette zone est immense, vraiment immense. En hiver, tout est blanc, et si vous volez en hélicoptère, par exemple, et que vous devez surveiller une zone, vous ne pouvez pas voir si une motoneige se rend dans un fjord.»
La patrouille a démontré son utilité opérationnelle en secourant un navire de croisière échoué en 2023 et en empęchant une expédition russe d'entrer sans autorisation dans le parc national du Nord-Est du Groenland. Les équipes sont armées de fusils et de pistolets pour se défendre contre les ours polaires et les bœufs musqués.
La zone couverte est si vaste qu'il faut trois à quatre ans pour patrouiller l'ensemble du nord et de l'est du Groenland. Les membres effectuent des missions de 26 mois sans interruption, ravitaillés par une cinquantaine de dépôts espacés de sept à dix jours.
Recrutement d'élite et héritage historique
Le processus de sélection reste extręmement rigoureux. Sur 80 à 100 candidats annuels ayant effectué leur service militaire au Danemark, seuls 30 à 35 sont retenus pour les tests physiques et mentaux. Cinq à six personnes sont finalement invitées à rejoindre l'unité. La patrouille est principalement composée de Danois, avec quelques Groenlandais au fil des ans. Aucune femme n'a encore postulé.
Les premières patrouilles en traîneaux à chiens dans l'est du Groenland ont débuté pendant la Seconde Guerre mondiale. Elles ont découvert et aidé à détruire des stations météorologiques allemandes, privant ainsi l'Allemagne d'informations cruciales pour sa campagne sous-marine dans l'Atlantique.
Ravn Rasmussen a balayé les critiques politiques en affirmant l'efficacité durable du modèle : «Les présidents américains vont et viennent, mais la patrouille Sirius restera, car c'est la manière la plus efficace d'opérer.» Le Danemark investit actuellement des milliards d'euros pour renforcer la sécurité de cette île arctique stratégique face aux menaces potentielles de la Russie et de la Chine.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).








