La police fédérale brésilienne a recommandé jeudi l'inculpation de l'ex-président Jair Bolsonaro et de son fils Eduardo pour « coercition » contre la justice. Les deux hommes auraient agi « dans le but d'interférer dans le déroulement de l'action pénale » liée à l'enquęte pour tentative de coup d'État.
Un document explosif de 33 pages a été découvert dans le téléphone de Jair Bolsonaro. Daté du 10 février 2024, ce texte constitue une demande d'« asile politique » adressée au président argentin Javier Milei, dans laquelle l'ex-chef d'État écrivait : « Je me trouve dans une situation de persécution politique au Brésil et je crains pour ma vie ».
La fuite vers l'ambassade
L'ancien président avait rédigé cette demande deux jours après une perquisition à son domicile dans le cadre de l'enquęte pour coup d'État. C'est également à cette période que Bolsonaro avait passé deux nuits à l'ambassade de Hongrie à Brasilia, alimentant les spéculations sur une tentative d'échapper à son arrestation.
La police affirme que Bolsonaro a continué d'ignorer les restrictions liées à son assignation à résidence. Il communiquait avec ses soutiens pour « atteindre directement les institutions démocratiques brésiliennes » comme la Cour supręme et le Congrès national.
Le lobbying américain d'Eduardo
Eduardo Bolsonaro, installé aux États-Unis depuis mars, a mis entre parenthèses son mandat de parlementaire pour plaider en faveur de son père auprès des autorités américaines. Il dénonce ce qu'il décrit comme la « tyrannie » du juge Alexandre de Moraes, en charge du dossier à la Cour supręme.
Des messages entre père et fils, cités par l'Associated Press, révèlent leur stratégie pour faire l'éloge de Trump afin d'influencer les procédures judiciaires au Brésil. « L'homme le plus puissant au monde est de ton côté. Nous avons fait notre part », lui écrivait Eduardo en juillet.
Réactions et défense
Eduardo Bolsonaro a réagi en assurant qu'il n'avait « jamais cherché à interférer dans une procédure en cours au Brésil » et que ses conversations avec son père étaient « absolument normales ». Il continue de dénoncer la « tyrannie » du juge Alexandre de Moraes.
La Cour supręme brésilienne jugera l'ex-président entre le 2 et le 12 septembre. Le procureur général réclame sa condamnation pour « organisation criminelle armée », « tentative d'abolition de l'État démocratique » et « coup d'État ».
Enjeux judiciaires cruciaux
S'il est condamné, Bolsonaro risque jusqu'à 40 ans de prison. L'ancien président, qui se dit victime d'une « persécution politique », continue de clamer son innocence face à ces accusations qui pourraient définitivement sceller son destin politique.
Sources utilisées : "AFP", "Associated Press" Note : Cet article a été édité avec l'aide de l'Intelligence Artificielle.