Des centaines d'agriculteurs venus de plusieurs pays de l'Union européenne ont lancé mardi une grande mobilisation à Strasbourg contre l'accord commercial Mercosur. Cette action précède un vote crucial des eurodéputés mercredi sur un éventuel recours devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), qui pourrait remettre en cause l'accord signé il y a seulement trois jours au Paraguay.
Le premier syndicat agricole national, la FNSEA, a mobilisé des agriculteurs français, italiens, belges et polonais près du Parlement européen. Quelque 4.000 manifestants et 600 à 700 tracteurs sont attendus dans la capitale alsacienne. Les agriculteurs resteront sur place jusqu'à mercredi pour faire pression sur les députés européens.
Les protestataires exigent que les eurodéputés saisissent la CJUE pour faire réétudier l'accord. Emmanuelle Poirier, éleveuse de vaches limousines dans la Creuse, a déclaré à l'AFP : «On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu'ils fassent appel à la cour, pour que l'accord soit réétudié.» Elle redoute «l'importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France».
Craintes pour les normes européennes
Baptiste Mary, agriculteur dans la Marne, dénonce des produits «produite de manière complètement différente qu'en Europe, avec plus de produits phytosanitaires, et pas les męmes normes». Le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie, a affirmé à l'AFP : «On a peur pour nous, pour nos revenus mais aussi pour nos concitoyens qui vont voir arriver des produits alimentaires qu'on n'a pas le droit de produire chez nous.» Il a promis de «pas lâcher».
L'accord Mercosur vise à créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde avec plus de 700 millions de consommateurs. Il faciliterait les exportations européennes de voitures, machines, vins et spiritueux vers l'Amérique latine. En contrepartie, le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay pourraient exporter davantage de bœuf, sucre, riz, miel et soja vers l'Europe. Les négociations durent depuis 1999.
Pression politique à Strasbourg
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a déclaré mardi matin sur TF1 : «C'est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne. Moi, je le comprends et j'espère que cette démarche ira à son terme.» Un important dispositif policier avec des CRS a été déployé pour protéger le Parlement européen.
Le groupe d'extręme droite Patriotes pour l'Europe a déposé une motion de censure contre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen en raison de l'accord Mercosur. Le vote est prévu jeudi midi, mais la motion a peu de chances d'aboutir car elle nécessite une majorité des deux tiers des suffrages exprimés.
Au-delà du Mercosur, les agriculteurs manifestent aussi pour l'avenir et le financement de la Politique agricole commune (PAC). Ils réclament des mesures de simplification administrative. La principale organisation agricole européenne, Copa-Cogeca, soutient le mouvement. Une précédente mobilisation massive d'agriculteurs avait eu lieu le 18 décembre à Bruxelles.
Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).




